Jeudi 11 septembre 2008 4 11 /09 /Sep /2008 16:55

Lucette : (arrivée de Mimi qui les rejoint) mais v’la not’Mimi qui’arrive… d’où qu’tu viens, toi, t’as l’air d’une pouliche qu’aurait perdu son pré ; non mais regarde moi c’te tête de bête hagarde.

 

Perrine: laisse la souffler aussi, qu’elle nous dise son aventure…allez respire ma Mimi, prends ton temps…

 

Perrine : dis nous donc ce qui s’est donc passé !!

 

Mimi : Oh pour ça, y s’est bien passé queuqu’chose, mais j’peux pas vous y dire. Ça m’a pris là (geste aux tripes), et c’est tout brûlant comme une bouillotte dans l’estomac…

 

Lucette: mais d’où qu’tu viens, Mimi ? T’as croisé une licorne ? T’as les yeux tout esbaudis et la mine d’une amourachée…

 

Perrine: laisse la donc, Lucette, tu vois bien qu’elle est pas dans son assiette de tous les jours.

 

Mimi : c’était comme si d’un coup je comprenais le Ciel et tous leurs mystères qu’y nous rabâchent le dimanche…

 

Perrine: ah, tu r’viens du prêche du saint ?

 

Lucette: Ah pour sûr, c’est pas l’gros Lucas qui la mettrait dans cet état… et pourtant l’gros Lucas, c’est un bonimenteur qui fait mouche…

 

Perrine: mâ laisse-z-y donc en paix aussi…

 

Mimi : Oui j’ai vu le saint dans l’église ; y’avait tant d’monde qu’y fallait se glisser dans la foule pis qu’au marché des Quatre temps. Mais j’ai pas r’gretté la v’nue. C’est du feu dans sa bouche, comme un torrent du cœur qui t’ fait du bien au tien… y dit des choses si belles, si belles…

 

Lucette: et quoi donc de nouveau ?

 

Mimi : oh c’était pas tout nouveau ; y disait comme on dit toujours à la messe… mais il le disait bien. Quand il parle du Ciel, il fait qu’on l’croit, mais j’peux pas dire pourquoi. Il ne prédicaille pas comme ces grands savants qu’on nous envoie parfois, qui ronflent et s’enflent à grand coup de belles phrases, toutes tant alambiquées qu’on passerait des heures à en démêler une seule, et qui te font des gestes empruntés comme les saltimbanques, et se démènent à ensuer leur soutane… lui, y dit les choses comme tu les dirais toi, mais sur sa figure, tu vois la braise qui vient du dedans. Et quand il parle du bon Dieu, on dirait qu’il le voit de ses yeux. Et il a tant de larmes, et des gémissements… t’as envie de regarder dedans pour y trouver l’Bon Dieu.

 

Perrine: c’est bien vrai alors c’qu’on dit, que les gens qui parlent avec lui sont tous charmés ; il en a retourné plus d’une, de ces têtues d’hérétiques, simplement en leur parlant…

 

Lucette pouffant: Le gros Lucas aussi, il en a retourné plus d’une, avec ses beaux discours, et c’est pas d’la vertu !

 

Perrine: Qu’t’es bête aussi, avec tes idées… Moi j’te dis qu’il sait parler aux gens…

Tiens, un jour… rien qu’à la saluer, la dame qui voulait pas quitter sa mauvaise religion, le père lui demande si elle ne veut pas se convertir, et elle dit oui comme ça ; comme si d’un coup elle avait tombé la glue de devant ses yeux…

 

Mimi : J’veux bien t’croire, parce que moi, ça m’a tout’ remuée, son sermon. J’y ai même décidé de m’amender du plus sérieusement que j’pourrai…

 

Perrine à Lucette: ah, tu vois Lucette ! Toi aussi, tu veux jamais croire, on dirait qu’t’as peur…

 


Père Jean : on le dit mortifié, capable de prier dans le froid et la faim, dormant peu et toujours prêt à se sacrifier ; on dit qu’il prend sur lui d’austères pénitences, et souffre sans trembler les pires calomnies…

 

Père Arnoux : ah, pour ça, il est vrai qu’on ne peut à la fois désirer imiter notre Seigneur Jésus et fuir les opprobres à la première épreuve… si vous voulez la croix, demandez-la vraiment ; mais lorsqu’elle viendra, ne soyez pas troublé ! Beaucoup sont comme vous, enthousiastes au départ… et timides à la fin ! Car souvent le plus dur est d’obéir à Dieu, quand il nous contrarie et brime nos élans…

 

Père Jean : là, je ne vous suis plus…

 

Père Arnoux : Notre père François, pour reparler de lui, a vu plus d’une fois ses désirs contrariés.

Dans ses années d’étude et ses premiers travaux, survint l’épidémie qui devait emporter tant de vies et briser tant de jeunes destins…

Il lui fut plus pénible, et de loin, d’obéir, quand on lui refusa d’aller soigner partout les pesteux condamnés qui se multipliaient…

Ses compagnons tombaient, en soldats de l’amour, et lui devait rester en arrière, à l’abri…

Son zèle, ardent et pur, pour être différé n’est restait pas moins vif.

On le voyait la nuit se relever sans bruit et prier longuement dans un suave élan.

Lorsqu’on lui objectait qu’il fallait être prêtre pour soigner les malades au risque de sa vie, il répondait, le cœur tout brûlant de désir : ‘Mais Louis de Gonzague ne l’était pas non plus !’

Il pouvait supplier, on ne l’envoyait pas.

 

Père Jean : Il était réservé pour un autre moment… D’autres étaient envoyés, mais lui fut préservé. Dieu le gardait ainsi pour des travaux meilleurs.

songeur : Pour une âme donnée, l’attrait pour le martyre est bien compréhensible…

 

Père Arnoux : mais un trop beau martyre est aussi pour certains une coquetterie, comme une gourmandise… et Dieu veut purifier même ces grands désirs…

Obéir est s’ouvrir à un autre que soi ; si cet autre ne peut s’opposer à nos vœux, qu’est-ce encore qu’obéir, et s’offrir en amour ?

 

Père Jean étonné : Ce Dieu est dangereux, qui se joue de nos vies…

 

Père Arnoux : ce Dieu prend au sérieux notre désir d’aimer, d’aller jusqu’à l’abîme et jusqu’à la folie…

 

Père Jean : faut-il aveuglément faire confiance à sa grâce et chercher à tout prix un dessein dans nos vies ?


 

Lucette: p’têt’ que not’ Mimi ça lui a fait tout chose, comme à ton hérétique que tu racontes, mais vois la Marcelline à l’Hugues du Frais-Vallon, comme elle l’a bien embobinaillé, ton père ! Elle avait volé chez ses maîtres, queuques babioles du reste, mais pas de chance, la main dans l’sac, on la prend… la voila condamnée au fouet. C’est qu’ils rigolent pas d’trop avec ça, ses maîtres, et ma foi, c’est leur droit. Enfin quoi, ton bon père arrive, tout avide du bien de son âme ; elle lui dit qu’elle se convertira, une bonne chrétienne et tout ça, s’il la sort de là ; lui intercède comme un bon saint Martin, et elle s’en tire sans un coup d’fouet… mais pour la conversion, tiens, il attend encore… La Marcelline, elle continue ses diableries, et voila pour ton bon père… alors, tu penses comme il sait bien s’y prendre…

 

Mimi outrée : Elle a pas fait ça, la Marcelline, quand même… !

 

Perrine: t’inquiètes, elle le retrouvera bien assez tôt, son fouet, j’te l’dis, à s’être comportée comme ça avec un saint homme ! faut pas jouer avec le Bon Dieu et avec ses saints… y m’ont raconté au village qu’y connaissaient bien les deux de la fermette, qui étaient ensemble depuis tout ce temps et jamais voulaient passer devant l’curé pour s’marier comme il faut. Le saint les a suppliés, suppliés, et pas moyen ; l’avait beau pleurer et s’donner du mal, les deux là y voulaient rien savoir et s’entêtaient, tout butés comme une mule…

 

Mimi : et alors ?

 

Perrine: ben ça a pas raté, le gars s’est ramassé un jour une belle volée de plomb échappée de queuque fusil mal embouché. Et voila sa femme, qu’était pas sa femme pour de bon, devenue toute veuve pour de bon.

 

Lucette: Ah pour ça, il est fort ton Bon Dieu… ah ça oui, Dieu est grand… et tu crois que c’est ça qu’il fait ton saint ? faire mourir les gens qui refusent ses remontrances ?

 

Mimi : sois pas bourrique non plus, toi… tu sais bien c’qu’on dit qu’y réconcilie à tour de bras tous ceux qu’y peut. Y’a pas un village qui a pas au moins une famille pour lui dire merci d’avoir remis la paix chez eux.

 

Perrine: c’est vrai, dès qu’il arrive, on crie « voici l’ange de la paix » ; et si on a une querelle à détortiller, c’est encore lui qu’on va chercher. J’te dis, Lucette, y pourrait t’faire du bien…

 

Lucette: Mâ laisse moi donc tranquille, j’en veux pas d’ton curé et de ses bonnes grâces. J’y laisse à celles qu’en ont b’soin…

 

Mimi : n’empêche, moi je dis : c’est bien un homme de Dieu. C’est pas le diable qui ferait tout ça…

 

Perrine: Pour ça non


 

Père Arnoux : Ne sous-estimez pas la belle profondeur d’un mystère étonnant qui nous englobe tous…

La sainte Providence a d’étranges cadeaux pour ses meilleurs amis qu’elle estime assez fous pour accueillir ses dons les plus paradoxaux…

Lorsque dans ses missions en terre calviniste, il espérait cueillir la couronne de sang, le coup n’est pas venu des affreux hérétiques, mais de prêtres, ignorants, mal formés, scandaleux… c’est dans sa propre Eglise qu’il a subi l’affront, de la main de jaloux, de pécheurs endurcis… calomnié sans pudeur auprès de son évêque, il a reçu le coup comme un agneau muet…

 

Père Jean : Pourquoi n’a-t-il rien dit ?

 

Père Arnoux : Père… Jésus lorsqu’il fut traîné devant Pilate a préféré se taire et s’offrir en silence…

 

Père Jean : Mais là, subir l’affront…

 

Père Arnoux : pour les fils de l’Eglise, tout est grâce, en amour, et souffrir de sa main est une joie précieuse… c’est peut-être pourquoi dans la Compagnie même, il eut à affronter bien des contradictions…

 

Père Jean : Je croyais qu’aux jaloux, médisants comploteurs, notre père général avait bien répondu en disant simplement : ‘faites aussi bien que lui !’

Père Arnoux : Oui… mais le même aussi refusa d’envoyer notre ami en mission là où il le demandait : vous savez qu’il rêva longtemps du Canada, et qu’on lui répondit qu’en fait de Canada, il se contenterait d’aller en Vivarais.

 

Père Jean : Dieu suscitait en lui des désirs missionnaires et Il les contrariait ?

 

Père Arnoux : pour mieux les purifier, et mieux les accomplir…

 

Père Jean : autrement et ailleurs ?! Quel étrange dessein !

 

Père Arnoux : notre frère a compris que son désir immense avait trouvé ici le lieu de sa promesse. Il vit son Canada dans nos mornes montagnes ; il le vit pleinement, il le vit maintenant…

 


Perrine  : on dit que près de Chambon, dans l’auberge, il a vu un livre de sorcellerie ; c’était plein de diableries tout ça, alors il l’a jeté au feu… et la famille voulait le lapider sans retard, tu penses, furieux… mais un bon sourire du père, et voila toute la famille à confesse !

Lucette: C’est pour les fois où il est reparti plus bredouille que ton pauv’ Pierrot quand y braconne ! T’as oublié les coups qu’il a pris plus d’une fois, à vouloir se mêler des affaires de tout le monde…

Mimi : peut-être, mais il a le courage des hommes de Dieu. Qui irait comme lui chercher les filles perdues dans les bras de leurs souteneurs ? Qui irait réprimander les chapardeurs comme il ose ? Qui irait sermonner les buveurs jusque dans les cabarets ? Lui le fait, et plus d’un se corrige…

 

Lucette: et plus d’un le rabroue comme un chien mal léché. A St Agrève, quand il a chatouillé les buveurs du cabaret du Raymond, c’est un soufflet terrible qu’il a récolté !

 

Perrine: Oui, mais tu sais ce qu’il a répondu ? ‘je vous rends grâce, mon bon monsieur, car je vous assure que j’en mérite bien davantage’…

 

Mimi : voila bien l’homme de Dieu ! Tu crois qu’il s’en ira encore dans nos contrées ? Il serait tellement bon de le voir repasser par chez nous…

 

Lucette: tu n’en as pas eu assez aujourd’hui ?

 

Mimi : pour moi oui, mais je pense à ma voisinerie qui en tirerait bien du profit aussi… eux n’ont pas eu la chance de venir ici pour rencontrer le saint.

Perrine: et quand on pense que toi Lucette, tu l’as à portée d’main et qu’tu t’entêtes à lui tourner l’dos. Si c’est pas un gâchis à vous faire fendre l’âme… t’en veux donc pas d’son blé, tout doré, tout dodu, tout débordant des sacs ?

 


 

Epilogue

 

Jean François Régis n’est jamais parti au Canada.

Il a continué à missionner dans le Vivarais jusqu’en 1640.

Au cours d’un dernier périple hivernal, épuisé, malade, il arriva à Lalouvesc pour Noël.

Après quelques jours de fièvre, et de ministère où il donna ses dernières forces, au service des petits et des pauvres, il s’alita pour ne plus se relever, poursuivant jusqu’au bout l’œuvre de miséricorde. Dans la nuit du 31 décembre, il dit au frère Bideau :

« Ah, mon frère, je vois Notre seigneur et Notre Dame qui m’ouvrent le paradis. »

Il avait 43 ans.

 

Ne pouvant transporter par ce temps le corps jusqu’au Puy, on l’exposa d’abord aux paysans, puis leur confia en attendant de la ramener au Puy où son peuple l’attendait.

Mais les villageois de Lalouvesc retinrent le corps de celui qui était devenu leur père et leur saint. Depuis, il y demeure.

 

Lors de son procès de béatification, un des témoins disait :

« Nos églises, nos prisons, et nos hôpitaux parleraient si nous ne parlions pas. Nos églises diraient que c’est un homme tout de Dieu. Nos hôpitaux, que c’était l’homme des pauvres, et nos prisons, qu’il portait la miséricorde dans la maison de la justice. C’était un riche pauvre. N’ayant rien, il nourrissait tous les nécessiteux…

Il ne fallait qu’être misérable pour voir le père Régis auprès de soi. Et s’il eut eu autant de finance et de fonds que de charité, il eut fait cesser la miséricorde faute des misères et des misérables. »

Le procureur du roy quant à lui avait dit : « ce père n’avait que Dieu dans la bouche, Dieu dans le cœur, Dieu devant les yeux. Il regardait Dieu en toute chose et tendait à lui de tout son être. Ses discours n’étaient que de Dieu ; tel j’ai connu le père Régis, tel l’a connu la ville entière. »

Par les mains sur la tête - Publié dans : pièces de théatre
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Jeudi 11 septembre 2008 4 11 /09 /Sep /2008 16:49
 

 

Un grand prophète

s’est levé parmi nous

 

St Jean François Régis,

apôtre du Vivarais

 

 

Pour le rassemblement RJI à Lalouvesc, juillet 2008

 

 

Pascal Gauderon sj

Novembre 2007


Présentation

 

La lecture de la biographie de St Jean François Régis laisse apparaître combien cet apôtre appartient aux petits ; il n’a presque rien laissé comme écrit, et de sa vie ressortent surtout les anecdotes de son ministère, et ce rayonnement surnaturel que rien d’extérieur ne permet de qualifier. Le reste de sa biographie est d’une certaine façon très banale : jeunesse, formation jésuite, missions classiques d’enseignement, et de ministère campagnard.

Plutôt que de le mettre en scène, j’ai préféré laisser parler ceux qui le côtoyaient, qui ont porté sa mémoire, qui ont bénéficié de sa présence. Bien plus que ce qu’il fit, la façon dont il le fit compta. Cette façon est impossible à rendre au théâtre, car on ne peut jouer la grâce surnaturelle d’un être empli de Dieu. On peut seulement l’évoquer à travers ceux qui en furent les bénéficiaires.

St Régis appartient aux petites gens ; il fallait leur laisser la première place ; c’est pourquoi on commencera et finira par elles. La dévotion populaire la plus ambiguë et la foi profonde la plus sûre s’y entremêlent avec bonheur. Perrine nous montrera ce type de femme enthousiaste et conquise ; Lucette nous montrera l’esprit critique et le bon sens de ces petites gens, avec aussi la résistance d’une âme qui refuse à se laisser toucher. Mimi sera le type de la « convertie » prise sur le vif. Leur jeu paysan et gouailleur devra être très vivant et expressif, avec force gestes et des intonations très typées, mais très travaillé dans les expressions et les sentiments ; on doit percevoir clairement la finesse et la délicatesse de ces âmes aux enveloppes apparemment grossières ; c’est tout le ministère de Régis qui est enjeu ici !

Les deux jésuites qui discutent partent du constat de ce peuple retourné par la parole du saint, et y reviennent ; leur conversation est comme un long commentaire de ces œuvres manifestes, qu’ils constatent, et recueillent. Leur langage rythmé, plus travaillé quoique simple aussi, doit rester fraternel et direct. Le père Arnoux, nouveau supérieur de Régis, est bienveillant et accueille avec foi mais prudence, dans une solide mystique d’incarnation, ce don de Dieu ; il éprouve le jeune jésuite pour ne pas le laisser dans une approche trop superficielle de la sainteté. Le Père Jean est en formation, avec un peu de naïveté candide, et la fraîcheur des commençants.

C’est le miracle des blés multipliés qui ouvre et ferme le tableau, signe particulièrement parlant de ce mystère de fécondité du saint. Il s’agit dans ce tableau de donner à sentir quelque chose de « l’événement Régis ». D’où le titre.

L’épilogue sera lu sobrement (ou défilera comme un générique final) ; le ton doit rompre nettement avec la pièce. Il s’agit de sortir du tableau vivant, pour donner les derniers éléments importants ; le spectateur est aussi resitué aussi non plus en contemporain de Régis en 1638, mais en pèlerin de 2008.

 

Décor

Le Puy, fin 1638 ; une place de village, un banc ; une ruelle, un autre banc.

On pourra utiliser un décor, ou simplement signaler le lieu et le temps par une diapositive ou un écriteau…

 

Personnages

 

Père Arnoux :     Père Arnoux, supérieur, jésuite mûr ; il oscille entre enthousiasme et prudence

Père Jean :          Père Jean, jeune recrue de la Compagnie, enthousiaste et un peu naïf

Perrine:      Perrine, fille de la campagne, simple et conquise

Lucette     Lucette, fille de la campagne, réticente et contrariante

Mimi :        Mimi, fille de la campagne, exaltée et rayonnante

Lecteur pour l’épilogue

Mimi est  en scène toute seule, elle étend le linge joyeuse. / 30’’/ Sonne les  cloches /10/ pour la messe, Mimi montre sa désapprobation mais accélère son travail pour aller à la messe.

La scène de mimi dure 1’.

Mimi : …..Seigneur jésus marie joseph et tous les saints anges…quant il faut y aller, il faut y aller !!!....

Entre Lucette énervé puis Perrine toute guillerette, insistante.

Lumière sur la scène.

Perrine : Mais si, j’te dis, Lucette, des pleins sacs de blé tout doré, tout dodu, tout débordants ; elle vient de me le dire y’a pas une heure… hier encore elle voyait la réserve tout à plat et se demandait comment elle cuirait du pain pour ses pauvres… elle lui court après, lui dit tout son souci ; y dit rien, juste de pas s’inquiéter, que Dieu y pourvoira, que Dieu ne l’abandonnera pas…

 

Lucette : la belle affaire…  (Le ton oui c’est ça cause toujours) Lucette ne regarde jamais Perrine pendant toute la scène.

 

Perrine : ah pour ça oui, la belle affaire… ce matin donc elle voit ben que c’est fini, et que faire ? Elle s’en court encore après lui, et toujours la même chose, elle sait plus où trouver du blé pour ses pauvres, et ça va encore être la famine pour les miséreux…

 

Lucette : (sur l’air de : je connais la fin c’est du cousin main) et là, ma brave

Perrine, y dit d’aller voir dans les sacs, et voila qu’ils sont pleins à nouveau, hein, c’est ça ? (fatiguée de telle évidence)

 

Perrine: tout juste comme tu dis Lucette ! (Tout étonné) Comme après la moisson, un vrai cadeau du ciel. Si c’est pas un miracle ! (Heureuse).

 

Lucette: revoilà tes miracles aussi, et je sens que tu vas encore me fatiguer la tête avec çà.

 

Perrine: toi t’y crois pas, mais moi je te dis que j’en ai trop entendu, et même j’en ai trop vu pour pas y croire ; j’y étais quand il a guéri la pauvrette enfiévrée dans la chaumière des Sapins.

 

Lucette: la belle affaire… une petite fièvre qui disparaît, et voila le miracle… des comme ça, ma Perrine, j’en ai plein mon panier…

Tiens on va essorer.

 

Perrine : Tu m’aideras après.

(Essorage du linge)

PAUSE SUR IMAGE.  Temps de la scène : 2 minutes.



Rentre les deux pères en marchant du fond de la salle.

 

Père Arnoux un peu agacé:             Toute la ville donc ne bruisse que de lui !

 

Père Jean enthousiaste:

Pas seulement la ville, mais toute la campagne : ces filles que vous voyez là,  sont venues au marché… (le père Arnoux regarde avec pitié du coté des filles)

Vous entendez par elles la  rumeur qui monte, père Arnoux, de toute la région… (le père jean sur le ton du je vous raconte une histoire)

Un curé de là-bas m’a raconté comment, intrigué un beau jour de voir passer au loin le cortège d’une foule joyeuse, marchant dans les forêts en chantant des prières, il demande à quelqu’un : ‘qu’est-ce que ceci ?’ ; on lui répond : ‘c’est le saint qui voyage et plusieurs villages ont choisi de le suivre et de l’accompagner. vous savez  Il confesse en marchant, instruit dans les clairières, et ne se repose pas’… le bon curé poursuit, croise d’autres personnes : ‘où courez-vous ainsi ?’ ‘mais… rencontrer le Saint !’ Il arrive à l’église ; une foule s’y presse ; il demande à nouveau ‘qu’attendez-vous donc là ?’ On lui répond ‘le saint qui vient faire la mission !’

Ce n’est là qu’un exemple et j’en aurais bien d’autres…on le cherche, on le prie, on l’écoute, on le croit…les foules se l’arrachent, et courent jusqu’à lui …Quel est donc son secret, père Arnoux, dites moi…

 

Père Arnoux après un temps :         Un jour, à Raphaël, une troupe de gens venus de douze lieues le supplie de rester… il ouvre ses grands bras, et leur dit simplement : ‘venez, tous mes enfants, je vous porte en mon cœur…’

 

Père Jean : Et cela leur suffit ?

 

Père Arnoux : Il faut croire !

 

ARRET SUR IMAGE !



 

Perrine: et la fillette aux Oiseaux, qui s’en mourrait doucement, et personne s’attendait encore à lui parler ; il l’a prise par la main, et l’a relevée comme d’un gentil sommeil, et elle gambade à présent…

 

Lucette: la belle affaire… deux petites qui n’ont plus mal au ventre, et te voila toute frétillante… Y t’en faut peu pour t’émouvoir les sentiments, ma Perrine !

 

Perrine: ‘la belle affaire, la belle affaire’… ris bien toi, mais tu le connais, le jeune Claude des Sourdon, qui était bien aveugle avant. Y t’a raconté lui-même ce que le saint lui a fait, et t’as vu toi-même qu’il voit ; alors ?

 

Lucette: alors oui, j’admets, il voit ; mais ça veut pas dire que ton bon père Régis l’a guéri ; des saints, on n’en trouve pas comme ça, alors pourquoi on en aurait un juste pour nous…

 

Perrine: mais il est élu, lui ! Eh donc, tu n’sais pas que tout petiot, le démon en voulait déjà à sa vie ? On l’a retrouvé nu, tout glapissant sous l’lit, et c’est bien l’ diable qui l’avait dépouillé ; mais son ange l’avait protégé, ça c’est sûr… (perrine se lève pour étendre le linge)

 

Lucette: Bien plus sûr, moi, Perrine, que sa nourrice, la vilaine, l’avait abandonné un peu d’trop, et s’en est donné une telle peur de le retrouver sous le lit, qu’elle a inventé ce beau conte pour les naïves de ton genre !

 

Perrine: Oh mais qu’en sais-tu toi–même, eh ma Lucette, tu n’y étais pas, ce me semble !

 

Lucette: non, ma Perrine, mais j’étais ben là quand la Valentine nous a raconté qu’enfant, il voulait mourir vite pour aller au ciel… si c’est pas malheureux, ces enfants mollassons tout fatigués de vivre à peine lâché le sein de leur nourrice…

 

Lucette: va, va, on racont’rait pas ça si c’était pas déjà une relique, ton bon père. Tout le monde y court après, et on sait plus quoi inventer sur son compte pour enjoliver…

 

Perrine: On enjolive rien du tout : l’petit Jacques de la mère Guigon, tu crois pas qu’c’est lui qui l’a guéri ? Elle-même nous l’a raconté, tu peux pas nier ! (Perrine parle au public) Il était bien sur le point de trépasser, tout alité et sans espoir, quand le père l’a apostrophé de loin pour lui dire qu’il ne mourrait pas. Et il a guéri bien vite après. C’est pas chansons de foire, ça ! Et à Saussine, les gens avaient caché dans l’église tous leurs trésors, et voila les soldats, insolents, aucun respect, ils veulent entrer, piller, saccager… Notre père arrive, s’interpose, leur dit que lui vivant, on ne touchera pas à cette église… les soldats sont partis…

 

Lucette: Et où est ton miracle ? Tu as vu ces ‘soldats’, des pleutres maigrichons comme des poulets chétifs, tout dépenaillés, et malades plus qu’une gale… tu as vu le père, debout que même le gros Lucas lui arrive pas au menton, avec ses bras à remuer des billots d’une seule traite… c’était pas dur de les faire reculer… tu parles d’un miracle…

Mais il a pas été ben biau, ton héros, quand il a voulu aider le fermier du grand coteau : des brigands de l’aut’ vallée l’avaient encoincé dans sa masure, et allaient bouter le feu s’il ne payait pas ; ton bon père est venu jouer l’avocat, à parlementer de son beau langage d’évangile…

 

Perrine: Et alors ?

 

Lucette: Et alors, il en a récolté une pluie d’insultes…

(Les 2 bons pères arrivent par le côté, passent devant les filles en les entendant malgré eux)

Sans compter les oignons qu’ils lui ont expédiés ; il en a eu pour son compte, et ça lui a massé le dos plus qu’une bonne bastonnade ! Va va, c’est bien qu’un homme, ton père Régis, et ne va toujours t’imaginer qu’il a le Bon Dieu sous ses ordres !

 

Perrine: c’est peut-être un homme, mais il est plein de Dieu !

 


Père Jean : Ecoutez, Père Arnoux, ce qu’on dit alentour : les pécheurs osent enfin avouer leur misère, la paix revient partout, les plus vicieux s’amendent, les brutes s’adoucissent, les voleurs se repentent, les huguenots renoncent à leur folle hérésie, les ivrognes abandonnent leur vice dégradant, les filles délurées assagissent leurs mœurs…

 

Père Arnoux  : Le royaume de Dieu est au milieu de nous ?! (bien clair)

 

Père Jean : oui, vous le dites bien…(le Père arnaoux s’assoit, jean continue à avancer) et dans la ville aussi, tout est transfiguré ; il soigne les malades et nourrit les affamés,  il visite les petits et tous les prisonniers, il enseigne les enfants, protège les plus faibles… Il est appelé ‘père des pauvres’ ; par sa seule parole, il a su tout changer…car il est, n’est ce pas, un très bon orateur ?

 

Père Arnoux Hésitant: oui… oui…  certainement. .. je dois en convenir… s’il ne prêchait pas comme aucun ne le fait, verriez vous chaque fois les foules s’entasser, escaladant sans peur colonnes et autels, perchées sur les poutrelles, parfois jusqu’à 5000 dans la petite église… ?

En cela, je dois dire : il est bon orateur ; il remue les entrailles et touche au plus profond ; tous ceux qui vont l’entendre en ressortent conquis.

Tenez, mon cher ami, le provincial a dit en l’écoutant prêcher : ‘le doigt de Dieu est là ! Si j’habitais le Puy, je ne perdrais aucun de ses enseignements…’

Mais cet avis pourtant me laisse un peu perplexe

 

Père Jean : Mais d’où vient, père Arnoux, que vous êtes hésitant ? Est-il embarrassé ? Ne prépare-t-il pas ses sermons avec soin ?

 

Père Arnoux : Oh ! Pour ça, il travaille, et on le voit souvent inventer quelque tour : les enfants l’interrogent, ou il les fait chanter… une autre fois encore, il surprend l’auditoire avec un beau poème ou quelque belle histoire… mais ce qu’il dit, mon père, toujours est très commun, simple, et même vulgaire… pas de grands mots savants, pas d’idées compliquées… pas d’effets rhétoriques ou de spéculation ; il dit tout bonnement ce qu’il voit dans la foi, ce que son cœur perçoit du mystère de Dieu… (comme à contre cœur)  Et chacun est touché.

 

Père Jean : c’est le propre des saints, que de mieux rayonner, de mieux communiquer la grâce qui les meut… Car notre compagnon est un saint, c’est trop clair…

 

Père Arnoux : il rit un peu, le regarde, et se lève : C’est donc ce que l’on dit dans vos jeunes années ?


Perrine: Tu entends bien c’que tu veux entendre, aussi… Moi j’ai entendu qu’un jour, il était tout gamin encore, il s’était endormi dans une aire à battre le blé, il se lève au plus fort du sommeil, et tout brinquebalant, le voila qui marche jusqu’à la rivière ; il fonçait doucement vers un gouffre, quand son ange le réveille à deux pas du précipice ; sans cela, il tombait dans l’eau, et s’y noyait à tout coup.

 

 


 

Père Jean : On dit… qu’à Fontcouverte il est né, tout en grâce ; comme jaillit la source au secret du rocher,

Père Arnoux : Joli début, c’est vrai ! Il est né quelque part entre Narbonne et la cité de Carcassonne…

 

Père Jean : Je connais la région, et son rude climat : les hivers enneigés, fouettés par les vents, les étés de poussière au vorace soleil, les rocailles arides et les vastes garrigues… de là lui vient son jarret dru et ses larges poumons, l’austérité frugale d’une vie sans mollesse, le goût des horizons déployés sous la nue…

 

Père Arnoux : Certes, vous dites vrai : campagnard, il le fut, parmi les campagnards ; et joueur avec eux… Il maniait leur idiome et parlait tout comme eux.

 

Père Jean : Dieu sut, au temps voulu, convoquer ces talents…

 

Père Arnoux : Sans doute, ‘au temps voulu’. Mais ce petit François, ne le rêvez pas trop !...

Il n’a pas toujours eu des enseignants faciles ; le maître qu’il avait usait pour le former d’un peu trop de rigueur et de rudes façons ; l’enfant se renfermait, les leçons n’entraient plus…

 

Père Jean : et qu’advint-il de lui ?

 

Père Arnoux : Sa mère avait flairé le défaut de méthode ; un peu plus de douceur, un peu plus de confiance, ont permis à l’enfant de retrouver la joie ; content dès lors, d’enfin se voir aimé, il put sans plus de réticence accueillir les leçons…

 

Père Jean : D’après ses compagnons, au collège, à Béziers, il étonnait déjà :

Il passait en prière et en bonnes actions le temps que ses amis consacraient au désordre, aux tripots turbulents, aux friponnes sorties, ces divertissements que la jeunesse adore…

 

Père Arnoux : on le dit, on le dit…

 

Père Jean : cela ne vous émeut pas tellement, mon père…

 

Père Arnoux : je suspecte bien trop la piété centripète qui chez un écolier ne favorise pas le travail et l’étude…



Pendant cette scène les deux femmes quittent la scène.

 

Perrine: Une fois, il est resté captif dans une tempête de neige, et de 3 semaines, on ne l’a pas revu. Où qu’il dormait, ce qu’il mangeait, personne ne l’a jamais su, ma Lucette…

Lucette: Oui ma Perrine, c’est un bon marcheur, ton père des montagnes ; il bondit de colline en colline, et le froid ne l’arrête pas… eh ben, le Lucas de Saint Bonnet, il court bien aussi loin, et t’en es pas toute entichée, ma belle…facultatif….

Perrine: Mais a-t-on déjà vu prêtre ou moinillon courir la montagne comme celui-ci, toujours à la recherche d’un pauvre de nous, tout comme d’une brebis perdue ; sans fatigue et sans peur, à manger deci delà ce qu’il peut bien trouver ? Crois moi, il n’a pas tous les jours du pain noir ou bien quelques châtaignes… et dort-il bien au chaud sur une couche de prince ? on l’a vu dans l’étable, ou même sur le bois dur… !

Lucette: Ah ça, j’veux bien croire, on dit que jamais il ne va manger chez les gens de qualité ; il demande une pomme et s’en va dans la neige ; mais si tu veux mon avis, il est bien aise quand même d’être reçu au chaud quelques fois et de boire un bon bouillon…

Perrine: le bouillon, tu sais bien qu’il le fait préparer pour nous autres, et qu’il demande aux dames de la ville de s’occuper des nécessiteux.

Lucette: les nécessiteux… Ah ben ça, avec toutes ces guerres qui saignent le pays comme un goret, la misère ne manque pas…

Perrine: et les bandits qui en profitent bien pour faire leurs vilénies tout impunis et tout affranchis.

Lucette: et ces impôts que l’Roy décrète à tout va comme une volée d’grêlons, et qui nous écrasent si bien comme une meule de pierre…

Perrine: c’est vrai qu’les messieurs de la ville et tous ces seigneurs oublient bien not’ misère quand ils vont faire leurs guerres…

Lucette: Et la famine qui’est là, comme un loup qui rôde autour du poulailler…

Perrine: Eh bien lui n’a pas seulement gémi comme nous autres. Il a tout or-ga-ni-sé. Avec des cahiers, des registres, et des listes, et tout et tout…

Lucette: Ah tiens donc, ma Perrine, voila encore qu’il a tout fait mieux que les autres, ton père Régis ! Il fallait donc bien être un saint pour penser à tout ça ?! Tu crois que c’était pour de bon compliqué de dire aux dames : toi tu donnes la soupe le lundi, et toi le mardi, et toi le mercredi…

Perrine: Et si c’était si simple, pourquoi que ça se faisait pas avant, hein ? Lui il a pu le faire parce que les gens l’écoutent, et c’est tout.

 

Lucette: ah ben la belle affaire… les gens l’écoutent…



 

Les deux pères arrivent sur scène.

 

Père Jean : Il a su respirer l’irradiante splendeur émanant de la gloire indicible de Dieu que son cœur averti, sa sensibilité, offraient à sa ferveur. Sous les bosquets chantants, dans les blés ondoyants, au beau milieu des champs aux senteurs enivrantes, ses amis musardaient volontiers au soleil… mais lui ne traînait pas et regagnait sa classe. Car chez notre François, l’émotion n’est pas molle…

 

Père Arnoux un peu goguenard : ne vous emballez pas, allons, mon petit père !!...et revenez aux faits… j’admets qu’il a vécu une scolarité fidèle et assidue…

et que dit-on encore, puisqu’à vous écouter, il semble que Régis soit l’unique sujet de vos conversations ?

 

Père Jean : Avant d’aimer le monde à la façon de Dieu, il est bon quelquefois de l’avoir méprisé ; d’en avoir débusqué les trompeuses beautés, d’en avoir rejeté les attraits insipides et les fausses promesses à jamais intenables… Notre cher compagnon renonce donc au monde… il entre au noviciat de notre Compagnie…

 

Père Arnoux : Que pensez-vous qu’il fit durant son noviciat ?

 

Père Jean hésitant, puis se lâchant : Il était à Toulouse… et apprit à aimer, à faire grandement les plus petites choses, à ne pas viser haut, mais profond, juste et droit… à trouver dans l’abaissement la joie d’aimer ; dans le plus humble office, la joie du Serviteur ; dans le plus répugnant de ses frères malades une icône adorable d’un Dieu crucifié ; il priait avec feu, plus d’une fois ravi dans une joie si pure qu’elle venait d’ailleurs…

Il rêvait du martyre, aspirant à la croix, pour imiter au mieux son Seigneur et Ami.

 

Père Arnoux approuvant de la tête : Nous savons que l’exemple encore vif à ses yeux des compagnons martyrs en terre huguenote était pour son désir un très puissant moteur…

Nous l’avons envoyé enseigner la grammaire, à Auch, et au collège à Billom en Auvergne.

Il devait par la suite étudier à Tournon.

 

Père Jean : On dit que soucieux de respecter la règle, qui oblige à parler en latin dans nos murs, il pouvait achever en latin le propos qu’il avait commencé en français dans la rue. N’est-ce pas admirable et digne de louange ?

 

Père Arnoux : Les scrupuleux aussi, les fous et les pervers, ont de ces attentions… cela ne prouve rien… C’est sur la charité que s’éprouve un vrai saint.

 

Père Jean : Père ! Ses compagnons, en le voyant passer, s’exclamaient, unanimes : ‘voici l’ange du ciel’, ou ‘l’ange du collège’.

 

Père Arnoux : Je vois que sa légende a déjà dépassé les frontières discrètes de la vérité !

 

Père Jean : Comment ? Mais je tiens ça de ses propres amis ! Pourquoi me soupçonner d’enjoliver l’histoire ?

 

Père Arnoux : Je voudrais simplement que vous ne rêviez pas d’être un autre Régis ! Retenez bien ceci : vous n’êtes pas plus lui qu’il ne doit être vous… suivez votre chemin, et laissez lui le sien…

 

Père Jean un peu espiègle : N’en avons-nous pas tous qu’un seul, et c’est le Christ ?

 

Père Arnoux : Il est le seul chemin… Mais il a plus d’idées pour vous diviniser que vous pour l’imiter.

 

Père Jean : j’accepte la remarque… et je redis ceci : j’aimerais comme lui n’être plus qu’à mon Dieu, être libre de tout, me donner tout entier…

 

Père Arnoux : Prenez donc comme lui le chemin de la croix…

Ne rêvez pas d’exploits, ne désirez que Dieu…

 

 

Pause  intermède entracte mi-temps bref tous les acteurs ont quitté la scène, un peu d’interactivité est proposé



Par les mains sur la tête - Publié dans : pièces de théatre
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Jeudi 11 septembre 2008 4 11 /09 /Sep /2008 16:43
bonjour à tous,

je vous propose de nous revoir pour une petite relecture de notre année passée et bien sur de la pièce de théâtre dont je n'ai eu que des bons échos jusqu'à présent.
cela permettra de de discuter des projets d'avenirs notamment avec ceux qui veulent continuer l'expérience théâtre "des mains sur la tête".

je vous propose un soir de la semaine du 15 au au 28, le samedi 20 je suis libre tout comme le dimanche 21 au soir...

je me permet d'inviter à cette réunion relecture helene steinitz qui a porté un intérêt à la troupe quand je lui en ai parlé, ainsi que le frère de Gael giraud: aurel giraud qui n'est pas contre jouer au théatre...

si de votre cotés vous avez des connaissances qui aimerait participer à la troupe 'hesitez pas à les inviter. je pense qu'il me semble bon qu'il puise entendre et voir notre relecture sur notre pièce et prendre part à une discussion sur l'avenir du groupe.
qu'en pensez vous?

nous avions évoqué la possibilité de jouer la pièce de gael giraud sj: " dans une version remixé!!" nous restons bien sur tout à fait libre de notre décision et de notre planning....

merci de vos réactions et réponses,
vincent
Par les mains sur la tête - Publié dans : mails
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